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LE BLOB

HEAVY MTL : Jour 2 (Anselmo vole le show)

Kristof G
12 août 2013

Le Lendemain de la veille, on était plutôt serin, comme on fut tranquille. Et fébrile comme une petite fille à l’aube d’un meet-and-greet avec les Backstreet Boys. C’est que l’un des meilleurs frontman de l’histoire du metal était en ville avec son nouveau projet : Philip H. Anselmo and the Illegals. Fait que t’sais. Or, il ne foulerait les planches qu’à 16h. Donc on allait rocker un brin pour patienter. Et à se mettre sous la dent, on avait plusieurs morceaux de choix.

Dommage que la sono fut toujours aussi pourrie sur la petite scène dans les bois : le metalcore habilement livré par les locaux d’Of Temples en a effectivement souffert. Heureusement qu’ils ont fait ça en pros, malgré qu’il était si tôt (13h tapant) en étant efficacement tight, avec de la prestance en si vous plait! Ils ont même eu tout un paquet de jeunes danseurs exécutant en solo des katas et autres moulinets (à des années lumières des moshpits de la belle époque thrash… chacun son truc, hein?).

Juste après, sur l’une des grandes scènes, se produisait Huntress. Le tout jeune groupe américain (qui mêle adroitement thrash, doom et power metal) possède une arme de destruction massive : une chanteuse aussi séduisante que talentueuse. Pour vrai.

Derrière un physique à la plastique irréprochable (joliment mis en valeur par du lycra moulant et décolleté), la plantureuse blonde Jill Janus possède une puissante voix, dans la veine des Halford et Dickinson. Elle sait réellement utiliser ses poumons la fille (‘scusez-là, c’était top facile).

Sérieux, musicalement, on est en territoire néo-thrash, en se rapprochant pas mal de ce que fait 3 Inches of Blood, sans être trop loin de Skeletonwitch non plus. Deux groupes qu’on adore, bien évidemment. Tous les clichés y sont, mais utilisés de belle façon très fun comme de raison.

‘Sont pas fou, avec une telle bombe à bord, le groupe mise beaucoup sur l’aspect visuel de la performance assuré par une belle bannière à tendance épique/mystique et surtout la belle vocaliste (qui a de ses yeux! un anormal bleu!), qui arpente avec aisance et assurance la scène telle une sorcière en quête de sa prochaine victime. Elle porte même une (ridicule, oui) cape de vampire afin de (bien mal) cacher son admirable postérieur (non, pas de photos, ma bande de cochons!).

Eh oui, cette sirène des bois nous a ensorcelés, et ce, de façon instantanée. Sans déconner. On va aller de ce pas se procurer leurs 2 galettes et être au devant de la scène lors de leurs prochains concerts montréalais. Elle parlait justement d’une imminente tournée avec nul autre que le grand Danzig (il est plutôt petit, mais bon…), pour ensuite reprendre la route avec Lamb of God et Testament (le 24 octobre au Metropolis). Joie.

Après un petit pit stop pour cueillir potes/collègues et bière moins chère à la zone VIP (aussi bien profiter de nos bénéfices de journaliste bénévole, non?), on alla rigoler de la tronche de ces farfadets finlandais de chez Finntroll. Oui, ce sont bien des oreilles de caoutchouc. Cependant, sachez que leur folk metal tendance black (qu’ils peaufinent depuis plus de 15 ans) fonctionne très bien dans le contexte festivalier.

Même chose de côté de leurs compatriotes scandinaves de chez Amon Amarth (de suède), qui ont mis le feu à la place, même sans leur drakkar. Dommage que leur bateau (impressionnant élément de décor qui était au show de Toronto, l’avant-veille) n’ait pu accoster sur l’Ile Ste-Hélène.

En deux décennies de viking metal (on parle de death, avec des paroles inspirées de leur folklore ancestral), leur présence à HEAVY MTL était pleinement justifiée et attendue plusieurs fans était effectivement costumés pour l’occasion.

On ne fut pas surpris (bien qu’assez déçu) de la piètre qualité sonore de la petite scène (encore!!??) lors de la performance du duo ontarien Indian Handcrafts (qui jouait en même temps que les vikings susmentionnés). La guitare fut tristement enterrée sous trop de basses… En espérant qu’il repasse dans le coin rapidement, car leur stoner sludge à la Melvins (et évidement Big Business, rappelant parfois Clutch) mérite d’être connu.

Enfin, le moment tant attendu arrivé, on allait enfin voir de quel bois Philip Anselmo se chauffe avec ses nouveaux potes The Illegals. Eh bien, sachez que bien qu’il rock sa vie de façon très old school avec Down, l’ex-chanteur de Pantera (et du collectif très agressif Superjoint Ritual) semble avoir toujours cet inexorable besoin d’exorciser ses démons en gueulant sa haine du plus profond de son être au sein de projets metal des plus extrêmes.

Wow. Bang. Pow. On est encore sous le choc. Anselmo, c’est encore et toujours le badass absolu. Pas de doute là-dessus. S’ouvrir le front à grands coups de micros, ça c’est du spectacle en mode punk. Méchant. Urgent. Dans ta face. Anselmo, c’est une bête sauvage qui, lorsqu’il sort de sa cage, possède la scène, l’habite, l’incarne, la piétine, la souille, lui crache dessus… bref, la scène, c’est la bitch d’Alselmo. Peu importe où il se trouve.

Entre les chansons, il jase, jase, jase… dit tout ce qu’il lui passe par la tête, que ce soit des conneries ou que ça vienne du plus profond de son cœur… pas de filtre. Oh non. Il aime vraiment son public, haït l’industrie, veut entendre du bruit, se fout de tout… Anselmo est un paradoxe. Comme le psychopathe du film culte Night of the Hunter (incarné par Robert Mitchum), qui a LOVE et HATE de tatoué sur les jointures. Bref, un sanguin, sincère, passionné et plus qu’intense bonhomme. Une vraie de vraie icône du métal.

Vous auriez dû voir la zone média après son show. Autour de la poignée de chanceux qui avait réussi à décrocher une courte entrevue (10 minutes maximum!), s’agglutinaient une douzaine de curieux, qui espéraient pouvoir serrer la pince de ou se photographier avec ce fort sympathique monument (ce qu’il fit pendant une bonne quinzaine de minutes une fois ses entrevues terminées).

[Avouez que la photo fait Minor Threat.] On va devoir se (re)taper sérieusement son dernier album, Walk Through Exits Only, qui semble mériter plusieurs écoutes afin d’être pleinement apprécié (intense en sale comme metal!). Au fait, on a même eut droit à un peu de Pantera, soit un mini-bout du breakdown de Domination suivi de Hollow. Délicieux. Merci Phil! Et merci aussi à son accolyte Marzi Montazeri qui nous a offert le premier solo de guit’ entendu ce WE.

D’ailleurs, on a rarement vu la foule aussi active lors du festival : malgré l’interdiction, il y eut des moshpits très actifs et du body surfin’ en masse. Heureusement.

Alors que le néo-thrash d’Havok déchirait la petite scène, Mastodon nous a fait son joli numéro, qui mêle vigoureusement psychédélique, sludge, rock et metal élargi.

S’ils se sont effectivement assagis graduellement depuis quelques albums (plus du tout de vocal éraillé sur leur dernier, The Hunter), on doit avouer qu’ils livrent toujours aussi bien la marchandise live.

À part peut-être cette balade dont on a oublié le nom lors de laquelle le batteur a invité la foule a balancer ses bras de gauche à droite… ouin. Quoiqu’Anselmo avait l’air d’apprécier… (il a même accouru vers le batteur entre deux pièces pour aller l’embrasser!).

Cependant, trois rations de Mastodon au festival en 5 éditions (2008, 2010, 2013), c’est pas un peu beaucoup… non?

Comme on est allergique à l’insipire rock corporate de Godsmack (avec raison), on alla dans les bois aller se faire terrasser par les populaires locaux de chez Cryptopsy. C’était évidemment extrêmement méchant.

Finalement, Rob Zombie s’est avéré beaucoup en forme qu’en 2010 (bien qu’on n’avait pas d’Alice Cooper cette année pour le comparer avec).

Des monstres, des robots, des vampires, des costumes ridicules, du feu, de la boucane, des dizaines d’écrans projetant des images déjantés appropriés…

Tout y était pour passer une belle fin se soirée. Y’avait même sa magnifique femme sur l’écran géant, t’sais.

Même tout plein de hits, que se soit de son premier groupe, White Zombie (dont Super-Charger Heaven et More Human than Human), ou tirés de ses 5 albums solos (Living Dead Girl, Superbeast, Sick Bubblegum, Teenage Nosferatu Pussy…).

Et c’est comme ça qu’on s’en retourna à la maison, en espérant que l’an prochain, les têtes d’affiches soient soit plus fraîches ou pertinentes (style Sabbath, Rammstein, NIN… ou même AC/DC, QotSA, Down…). À l’année prochaine!

PHOTOS: KRISTOF G.

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Kristof G

Exilé du Saguenay, Kristof G. est un reporter, mais surtout un spectateur, que ce soit de shows hauts en couleur (de musique qui rap’, qui frappe ou qui décape), d’expositions d’art fonceur et/ou racoleur et de films d’horreur comme d’auteur… bref, de tout ce fait vibrer cet authentique rêveur (et parfois ‘gameur’), qui critique et rime – en crime – sans reproche ni peur.