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Louis-Jean Cormier : next level (critique de show)

Kristof G
22 novembre 2012

Votre humble scribe vient de se censurer. Ben oui. Il voulait écrire next level shit, t’sais comme aurait dit ce bon vieux Ninja (le gars de Die Antwoord, là). Mais, comme c’était dans le titre, on n’a préféré ne pas être grossier. Parce que Louis-Jean Cormier, on le respecte en ta’. Y’est vraiment fort. Son groupe Karkwa, ça torche solide dans le paysage du rock québécois. En plus, ça marche. Et en solo, Cormier sait  fort bien s’accompagner. Tout un band.

Comme hier soir, au Club Soda, où il se produisait à guichet fermé. D’emblée, Dany Placard a su fort bien réchauffer la place, qui se remplissait lentement mais sûrement. On eut droit à une petite demi-heure de Placard, composée majoritairement de titres tirés de son nouvel album, Démon Vert, sorti il y a quelques mois.

L’authenticité et la plume du Saguenéen sont toujours aussi vibrantes, prenant du galon d’une année à l’autre, avec ce joual coloré se fondant dans un folk-rock country-fié qui donne envie de s’humecter le gosier en songeant au passé. Les fans de Fred Fortin ne détestent habituellement pas les compos boisées du chanteur-guitariste susmentionné.

La faune était composée de jeunes et moins jeunes, souvent en couple. Car Placard et surtout LJ Cormier font de la chanson plutôt mélancolique, qui frappe dedans la vie à grand coup d’amour (‘scusez là). Évidemment, Cormier était là pour présenter les pièces de son premier album solo, Le Treizième Étage, lancé en septembre au même endroit. Et durant la centaine de minute que dura ce généreux concert, l’album y passa presqu’au complet.

Le set dépouillé en mode acoustique (sans percussion ni trop illuminé) était particulièrement réussi, si simple mais efficace en maudit. Une putain de belle énergie, empreinte d’une intimité rejoignant autant les musiciens que l’auditoire. Wow. L’Ascenseur n’a jamais aussi bien sonné. Dans la pénombre en grand nombre. Particulièrement intense, surtout en enlaçant notre nouvelle flamme. Car Cormier, c’est un grand romantique qui écrit une poésie aussi douce que recherchée. Qui fait du bien à l’âme.

On a aussi bien ri lorsqu’il nous a raconté un de ses hilarants cauchemars, qui impliquait d’être réincarné en humoriste récitant un monologue sur les biscuits Christie de type Chunks Ahoy!… Ça ne s’invente pas, non. Et on a eu des frissons lorsqu’il joua des raretés comme Ne dis rien (composée par Claude Léveillé – il nous a fait entendre un bout de la maquette originale avec son iPhone collé sur son micro!), Au bord du récif (composée pour un show de télé) et autres tounes de Gaston Miron (tirées de son projet hommage 12 Hommes Rapaillés). Un grand, y’a pas de doute. Merci avec un M majuscule LJ.

PHOTOS: KRISTOF G.

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Kristof G

Exilé du Saguenay, Kristof G. est un reporter, mais surtout un spectateur, que ce soit de shows hauts en couleur (de musique qui rap’, qui frappe ou qui décape), d’expositions d’art fonceur et/ou racoleur et de films d’horreur comme d’auteur… bref, de tout ce fait vibrer cet authentique rêveur (et parfois ‘gameur’), qui critique et rime – en crime – sans reproche ni peur.