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LE BLOB

On sacrifie l’AGNUS DEI de GROS MENÉ ce mardi sur l’autel de La Tulipe

Kristof G
3 novembre 2012

Gros Mené – Agnus Dei (Simone Records | Grosse Boite)

Quelle belle surprise! On n’attendait plus du tout une suite à Tue ce drum Pierre Bouchard, album aussi coup de poing que courtepointe du projet rock fuzzé du grand Fred Fortin, paru au tournant du millénaire, quelques années après son premier album solo. Depuis, le p’tit gars de St-Prime (au Lac’) a fait paraître trois autres excellents disques de chansons, délaissant un poil son trip rock plus poilu, justement, au profit d’un folk countryfié matiné d’envolées prog’ et/ou bluesy  ̶  qui rockait tout de même par moment. Peu après la sortie de Plastrer la lune (2009), le principal intéressé disait avoir mis plusieurs tounes de côté, car trop heavy pour l’appellation Fred Fortin. Donc, on espérait un disque de Gros Mené à peu près comme the second coming of Christ. Genre.

À l’écoute d’Agnus Dei (lancé il y a quelques semaines dans un Verre Bouteille plein à rabord), on constate que le fuzz est légèrement moins présent, que les effets téléphonés dans la voix de Fred ne sont pas aussi prononcés que dans l’temps et que la production est un peu plus propre que le record précédent, qui ressemblait d’ailleurs plus à une compilation de jams qu’à un album à proprement parler. Et ce n’est pas du tout déplaisant. Après tout, les gars ont vieilli un brin en 13 ans. Comme un bon vin rouge sang. Ou un whisky de plus de 10 ans.

Eh oui, le Gros Mené nouveau (Fred s’accompagne toujours d’Olivier Langevin à la guitare et maintenant d’habitué Pierre Fortin au drum) a plutôt bien murit. En particulier au niveau mélodies, arrangements et compos, mais pas trop dans ses propos, qui jasent en  ̶  Québ’ bien dégorgé évidemment  ̶  toujours de brosse, de hockey, de rock, de char, de pêche et de Ski-Doo. Musicalement, on est plus près du Galaxie d’avant (lire : moins dansant), des Dales Hawerchuk (voir Ovechkin) et de la discographie du chanteur, tout en était pas trop loin d’un Jon Spencer Blues Explosion qu’on aurait croisé avec Eagles of Death Metal (Pote Michel en témoigne) ou même Queens of the Stone Age. En vrac, on trippe ben raide sur la slide de J’garde le fort, le riff fortiche de St-Prime (et sa finale bluegrass!) et sur la vrombissante Monstre Marin, Bref, du gros blues rock suintant, qui donne chaud et soif, ça’a juste pas d’bon sens. Une autre preuve que le secret le mieux gardé au pays c’est bien Fred Fortin.

P.S. La prochaine fois, prière de ne pas nous faire attendre aussi longtemps, hein?

4.7 Ski-Doo jaunes moutarde sur 5

http://grosmene.bandcamp.com/

Dans le cadre du festival Coup de Cœur Francophone, Gros Mené live à La Tulipe, le mardi 6 novembre prochain (20h).

Pas encore de commentaire.

LE BLOB

Kristof G

Exilé du Saguenay, Kristof G. est un reporter, mais surtout un spectateur, que ce soit de shows hauts en couleur (de musique qui rap’, qui frappe ou qui décape), d’expositions d’art fonceur et/ou racoleur et de films d’horreur comme d’auteur… bref, de tout ce fait vibrer cet authentique rêveur (et parfois ‘gameur’), qui critique et rime – en crime – sans reproche ni peur.