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LE BLOB

Dopethrone : Sludge-chelaga Crüe (entrevue)

Kristof G
12 mai 2011

ATTENTION : Ce post contient des images et des propos pouvant ne pas convenir à de jeunes enfants. Nous préférons vous en avertir (ou vous pervertir, c’est selon).

Un nom en forme de toune d’Electric Wizard. Un son lourd comme une tonne de plomb. Un trio qui tue et qui vous trouera le cul. Un mot : DOPETHRONE. Vous écoutez toujours régulièrement l’album Master of Reality de Sabbath? Vous adoriez quand Carcass rockait son Swansong? Vous vous êtes donné un torticolis au dernier show de Down? Ou était-ce quand Zoroaster sont passés avec Nachtmystium? Eh bien, DOPETHRONE est maintenant votre nouveau groupe préféré. Pas le choix. BangBang est allé rencontrer son leader, le chanteur-guitariste Vincent Houde, dans leur repère, situé dans les tréfonds enfumés d’Hochelaga, à l’intersection exacte entre le glacial black metal norvégien et le swompeux stoner-sludge de NOLA.

Hochelaga » Louisiana

« En 2005, New Orleans est devenu la capitale du meurtre », de laisser tomber Vincent, qui fut un temps gueulard pour Fatal Flaw et batteur pour Excreted Cowboy et Vatican. Notre multi-instrumentiste est d’ailleurs allé passer du temps en Louisiane peu après le passage de l’ouragan Katrina, pour donner un coup de main, bosser, (sur)vivre. De retour en ville, quelque part en 2007, le chanteur-guitariste commence à jammer pour le fun avec Vyk (basse; un vieux pote du secondaire) et Thomas (batterie; Vatican), entre deux Pabst Blue Ribbon. Rapidement, les gars décident de se nommer Dopethrone – en l’honneur d’Electric Wizard mais aussi de Darkthrone, l’inspiration initiale des premiers. « Avec un nom de même, t’as pas le choix d’opérer », d’avouer sagement le fana de musique de tout acabit, qui joue également du blues sous le nom de Vinnie Brown.

Le leader du groupe ne cache pas non plus ses influences, citant notamment les Bongzilla, Brain Oil, Iron Monkey, Weedeater et autres Down (il a un penchant avoué pour la scène NOLA). Après un petit démo de trois pièces, notre trio enregistre un premier CD, Demonsmoke (enregistré en 2009 par Thomas, dans son sous-sol maternel) et joue un peu partout dans les salles plus undergrounds de la ville (aux Gates of Hell, Loud House, Katacömbes – même une fois avec Zoroaster). Il y a environ un an, Thomas céda sa place derrière le kit à Borman, également batteur chez Downtrodden, collègues doom-sludge avec qui le trio a partagé la scène dans le passé.

Dark Foil : Interlopes Psychotropes

« L’album [Dark Foil], on l’a tout composé icitte, mais on l’a enregistré au studio Polymar avec Thomas», de fièrement mentionner Vincent, principale compositeur et responsable de toute la direction artistique du groupe (qui est appuyé d’Alex Thibault, au niveau design graphique). Sur cette bombe mêlant sludge, doom, psychédélique et punk rock (dans la structure), on retrouve 6 pièces seulement sur près de trois quart d’heures, incluant une envoûtante pièce de 14 minutes, Zombi Powder, featuring Julie Unfortunate (une pote tatouée comme une maori) comme invitée spéciale. « C’est comme un peu une hypnose du début à’ fin, comme un trip de drogue, c’est comme un moulin à viande qui part et qui arrête à’ fin  de l’album », de s’enthousiasmer celui qui a écouté pas mal de ZZ Top, d’Elvis et de Chuck Berry étant petit.

« Cet album-là, y’est vraiment centré sur le côté down, le côté slow, le côté heavy, le côté chaleur-lourdeur mélangé avec le froid du nord, le côté opioïde… », de disséquer le parolier du groupe. Évidemment, on peut se douter que l’herbe est vraisemblablement présente dans leur quotidien. Or, le concept même de Dark Foil fait référence et s’articule pas mal plus autour de ces drogues dites dures. Bien qu’on peut d’ailleurs voir quelques seringues sur la pochette, « Y’a jamais personne dans le band qui s’est déjà piqué », d’assurer le chanteur avant de préciser que « ça fait longtemps que ça fait parti de mon entourage, j’ai vu du monde crever, j’ai déjà réanimé du monde ». Il sait de quoi il parle, c’est clair.

Sans trop prendre position sur la consommation, son approche narrative envers la ‘drogue’ est plus du genre occulte : selon Dark Foil, lesdites drogues lorsque consommées rendraient les humains plus vulnérables, ouvrant des portaux qui permettraient à des entités malicieuses de prendre possession de leurs corps. Oui, on parle bien d’esprits démoniaques ici. De plus, comme « on fuck avec des affaires qu’on comprend pas, avec des entités qui sont là depuis plus de 7000 ans », il se peut qu’il se passe des affaires pas catholiques lors de l’enregistrement (véridique!). Apparemment, durant les sessions, qui eurent lieu un peu avant le 31 octobre dernier (très tard le soir ou même parfois de nuit), ils auraient eu de surprenantes pannes d’électricité (une première dans l’histoire du studio) et des ennuis techniques – comme le soir de l’entrevue, d’ailleurs, lors de l’écoute du CD.

Ô Culte & co.

Était-ce dû à ces textes cryptiques ou encore aux chants tibétains à l’envers et ces extraits de films de terreur (incluant From Beyond, Re-Animator et The Gate!)? Une chose est certaine : Vincent est un authentique fanatique de l’horrifique, vivant dans un véritable décor de maison hantée, incluant des masques d’halloween, mannequins de latex, scie mécanique, posters vintages, etc… Évidemment, s’en suivie une jasette de geeks de série B, où on comparait Fangoria magazine et sa défunte contrepartie Gorezone à respectivement Playboy et Penthouse, se remémorait les bons vieux films crades de Wes Craven, le remake de Texas Chainsaw Massacre… Vous voyez le genre.

Comme Mötley Crüe à leurs débuts (si ce n’est pas déjà fait, lisez The Dirt – leur incroyable bio – MAINTENANT), « on se fait des partys, des BBQ dehors, on jamme, on fait tout icitte, DIY… », de nous mentionner Vincent en nous faisant faire le tour de son appartement-local-maison-hantée. « Dopethrone, on n’est pas juste un band, on est comme un crüe, tsé, on est une clique, comme le bloc icitte, c’est tout un bloc de party, on est tout une gang (…) je me suis assuré de garder ma salle de jam, en faisant rentrer du monde qui appellerait pas les beux, t’sais (…) vu qu’on est au coin Bourbonnière, on dit qu’on est le Bourbon Crüe ».

Ça donne soif de boire du Jim Beam. « C’est du Kentucky whisky, pis j’en ai bu en crisse quand j’étais dans le sud », de nous avouer le rockeur rastaquouère. Pas de doutes là-dessus. On gage qu’il était aussi allé dans le sud pour traquer les racines du rock. Genre. Et lorsqu’il nous dit que « ma musique, c’est pas un hobby, je [la] vis à tous les jours », on le croit sur parole.

http://www.myspace.com/dopethronemafia

http://dopethrone.bandcamp.com

6 6 6

Vendredi 13 mai aux Katacömbes (+ Medusa Head Trip + Memories of an Old Man), 21h, 6$

P.S. Click here for our DARK FOIL  review in HOUR.

2 commentaires
  • [...] Ils aiment l’occulte et faire (presque) tout eux-mêmes dans ce pays qui n’est pas un pays mais l’hiver, pour paraphraser un vieux sage d’ici. Si vous n’avez jamais entendu parler de Dopethrone, ce trio de power sludge aussi sombre que velouté, on devra vous pardonner. Bien qu’il fut invité par nul autre que Voïvod à aller jouer au réputé et couru festival hollandais Roadburn (fondé en 1995) au printemps dernier, le combo reste hélas l’un des secrets les mieux gardés du métal local. Pour l’instant du moins – si on continue à parler d’eux (comme votre scribe sur son blogue). [...]

  • [...] Ils aiment l’occulte et faire (presque) tout eux-mêmes dans ce pays qui n’est pas un pays mais l’hiver, pour paraphraser un vieux sage d’ici. Si vous n’avez jamais entendu parler de Dopethrone, ce trio de power sludge aussi sombre que velouté, on devra vous pardonner. Bien qu’il fut invité par nul autre que Voïvod à aller jouer au réputé et couru festival hollandais Roadburn (fondé en 1995) au printemps dernier, le combo reste hélas l’un des secrets les mieux gardés du métal local. Pour l’instant du moins – si on continue à parler d’eux (comme votre scribe sur son blogue). [...]

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Kristof G

Exilé du Saguenay, Kristof G. est un reporter, mais surtout un spectateur, que ce soit de shows hauts en couleur (de musique qui rap’, qui frappe ou qui décape), d’expositions d’art fonceur et/ou racoleur et de films d’horreur comme d’auteur… bref, de tout ce fait vibrer cet authentique rêveur (et parfois ‘gameur’), qui critique et rime – en crime – sans reproche ni peur.