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Y’a jamais trop d’shows : retours sur M pour MTL + Fear & Loathing in MTL + Pleine Lune sur Ontario (pt.2) + des suggestions de shows!

Kristof G
11 septembre 2010

M pour… Mouillé? Un peu mais pas trop. Machine? Du tout. Markie? Pas sûr. Matos? Tellement. Si on n’était arrivé que pour la finale rock du jour 1, on a beaucoup plus profité du second, bien qu’on devait initialement voir que 4 groupes.

Après avoir savamment calculé notre coup, on est arrivé sur le site précisément au moment où le groupe hommage à Passe-Partout terminait son set. Excellent, qu’on s’est dit, on n’aura pas à endurer leur comptines pour enfants. On ne pouvait manquer le show d’Orange Orange, notre duo d’électrock funky préféré. OO, c’est comme si The Whites Stripes rencontraient Les Rita Mitsouko, dans un show d’old school hip hop. Du beatboxing, du sampling, une guitare bien grattée, des claviers et des machines triturées, un arc en ciel (un simple, pas un double) et des accessoires colorés, quelques percussions, des collants et un nœud papillon. Un méchant beau couple bourré de talent, dont l’enthousiasme contagieux fit fuir la pluie pendant un temps. Sabrina Sabotage et Dom Hamel, vivement du nouveau matériel avant longtemps!

Suivait ensuite quelques ex-Hot Springs, pour un changement de style plutôt radical : du post-rock aussi poignant qu’instrumental. Au mur de guitare (pas une, pas deux mais bien trois!) s’annexe une solide section rythmique, formé d’un disloqué et barbu batteur et d’un gargantuesque bassiste, groovant salement. On a vogué joliment pendant une petite demi-heure, sur l’océan planant de Bateau Noir. Fans de Mogwai, Godspeed You! Black Emperor, Red Sparrowes et Pelican, procurez-vous leur mini-album (La Sauvagerie des Heures) au plus sacrant.

Elektrik Bones. Ça faisait longtemps qu’on en entendait parler, leur batteur, François Chauvette, étant l’un des meilleurs et des plus polyvalents de la scène locale – qui vola la vedette à chacune de ses apparitions quand il faisait parti de la Ligue d’Improvisation Musicale de Montréal, au début des années 2000. Ce serait facile de les comparer aux Raconteurs, même un brin réducteur, car y’a aussi dans leur son un peu de rock d’Angleterre, d’alternatif des années ’90 et de ‘the’ bands (The Strokes, The Hives, The Cure, The Clash…). Pas trop pop mais juste assez accrocheur, recherché sans être chiant et juste assez bruyant, énergique et déglingué pour vous obliger à bouger. À surveiller (de près).

Après, c’était au tour de (Plastik) Patrik et les Brutes, en version réduite (seulement un guitariste, une claviériste-choriste, un bassiste et un batteur), car Sunny ‘le guitar hero des Breastfeeders’ Duval accompagnait Damien Robitaille à Rouyn-Noranda, pour le FME. En prime, on a même eu droit à une super-reprise d’Histoires d’A des Rita Mitsouko (encore eux?), en forme de duo entre l’androgyne tatoué et décomplexé Patrik (ex-1-976) et sa souriante choriste, et a un sympa numéro avec voile-à-la-Marlene-Dietrich et accordéon. Yé Yé! Du rock n’roll très glam (Bowie, Iggy et T-Rex) et un peu punk rock (Ramones, Runaways), qui ferait bouger le pire des estropiés.

Ensuite, LA surprise de la journée : [trap.]. Basé à Berlin, ce duo d’électro hardcore instrumenté (une batterie) en a médusé plus d’un, lors de son passage sur les quais. Un Français (Zôl : machiniste débile, faiseur de beats) + un Québécois (Merlin Ettore : batteur hyperactif, ex-Metrik et Blandilo) = un truc franchement rafraichissant, aussi le fun à voir live qu’original et de son temps, avec son techno dans le tapis, limite industriel (désolé, on n’est pas très aux faits des sous-genres d’electro hardcore complètement marteau). On pense un peu à Mr.Oizo (surdimensionnés beats) et souvent à Aphex Twin (rythmes dangereux et angoissants). Avec toute cette vrombissante baaaaasssss, c’est vraiment une physique expérience. Intense. Surtout avec un Merlin aux allures du fils de Marty McFly, circa 2015. Et si c’était la musique du futur?

Que dire de Claass, ce tout à fait chiant trio de mecs sérieux (Alex Ortiz, Vincent Levesque et Jordan Dare, vêtus de sombres imper et de leur plus belles faces de beu’) se la jouant dark wave comme en ’87, lorgnant un peu du côté du krautrock et d’un jeune dégriffé Nine Inch Nails? Désolés messieurs les machinistes en imper noir, on n’avait pas le goût de dans avec le mur (en plus, y’en avait même pas, on était dehors). Suivant!

Y’en a pas mal qui s’était déplacés pour Le Matos, étoile montante de l’électro intelligente et dansante de la scène locale montréalaise (et membre du regroupement multi-médium Les Enfants Terribles, incluant notamment le collectif de cinéastes Roadkill Superstar et plusieurs DJ). Instantanément, la foule fut dedans, bounçant comme s’il n’y avait pas de lendemain au son quatre-vingt de nos trois lascars (Jean Philippe Bernier, Jean Nicolas Leupi et Maxime Dumesnil), qui nous revoit aux trames sonores de série B qu’on aime tant.

Parfois chez John Carpenter (ce fameux réal’ compositeur responsable pour entre autres Halloween), Giorgio Moroder (Cat People, Scarface, Metropolis + qui a aussi bossé avec KMFDM et plein d’autres) et même aussi Goblin (pas mal de giallo de Dario Argento, des Lucio Fulci, Dawn of the Dead de Romero…), quand on n’est pas chez les Français de Justice et Daft Punk – en nettement plus glauque et intense. Une ininterrompue transe avec de la bien grasse basse. Côté visuel, les gars ont des uniformes (des débardeurs affublés de leur cool logo), renvoyant autant à Star Trek (l’aspect sci-fi est omniprésent) qu’à la confrérie du film Revenge of the Nerds. Trop coool. Voyez les maintenant avant qu’ils ne deviennent trop grands.

On quitta les lieux au son des mix cool et des scratches lourdauds de Biz Markie (qui n’était pas Mix Master Mike), un vieux de la vieille qui n’a jamais été très B.I.G. – bien qu’il soit du même format. Y’a juste son genre de ‘hype man’ qui nous énervait un brin, car il n’accompagnait Biz que pour namedropper. Assez quelconque, bien que le colosse nous a passé des vieux classiques, de Run DMC à Beastie Boys, en passant par Grandmaster Flash, House of Pain, Jay Z et autre Naughty by Nature. Très old school, donc. Mais pas très scène locale, non. Passons.

Bref, ce qu’il manquait à ce trop cool festival ‘slash’ showcase extérieur, c’était un peu plus de soleil – ce qui aurait attiré plus de spectateurs. Sinon, la programmation des deux journées était juste assez variée, la bière, pas trop chère, le site, fantastique… Dommage. Qu’à cela ne tienne, ceux qui y étaient ont prit leur pied et se sont gavés autant d’électro rétro mais punché que de rock bien dégorgé. (Crédit photo : Alexandre Bédard d’M Pour Montréal.)

Comme (on croyait qu’) il nous restait encore un peu de mine dans le crayon, on se téléporta aux Foufounes Électriques, pour la 9e édition de Fear and Loathing and Montreal, cet annuel festival|freakshow se tenant à chaque veille d’Action de Grâce et mettant en vedette notre band de rock punk préféré, Trigger Effect – leur chanteur Nick Babeu en est l’organisateur. Alors que des abrutis faisait du souque à la corde avec leurs couilles et une chaîne sur la scène Loathing, on alla voir Iron Giant, le Down de Moncton, NB, qui s’acharnait sur la scène Fear, pendant que la machine à bulles déconnait, formant un immense amas de mousse exactement où était supposé être le pit. Vraisemblablement irrité par l’audience ni populeuse ni trop active et réceptive, leur gueulard (Chris Lewis) n’est pas gêné pour avoir l’air d’un gros cave pas content. Pas impressionné du tout.

Ensuite, malgré nos batteries qui se vidaient à vue d’œil, on resta pour assister à presque toute l’énergique prestation du combo The Hypnophonics, groupe de psycho-garage punk, incluant l’occupé Starbuck à la batterie. En plus, les gars sont très classe avec leurs chemises blanches, cravates noiures et lunettes de carton blanches anaglyphiques (tsé les vieilles lunettes 3D rouge et bleu?). En show le 1er octobre au Petit Campus avec The Toasters. On s’est poussé vers la fin avant de tomber dans le coma. Désolé aux gars de Trigger Effect, on se reprendra.

***

Bientôt à l’affiche!

Les habitués de ce blogue (et de sa scénique chronique) connaissent déjà nos goûts pour le moins éclectique. Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que les deux shows – ayant lieu dans les prochains jours – qui nous enthousiasment vraiment sont diamétralement opposés.

Le premier risque de brasser pas mal. En tête d’affiche, on aura Nachtmystium (black metal psychédélique américain, qui nous avait impressionné ce printemps), accompagné de Zoroaster (ultra lourd sludge métallique, qu’on avait manqué – et amèrement regretté – ce printemps), Dark Castle et The Atlas Moth, Ça se passe demain dimanche le 12 septembre à La Sala Rossa. On peut acheter des billets (juste 15$!) sur le site de Blue Skies Turn Black ou aujourd’hui chez des disquaires indé’ comme Soundcentral, Cheap Thrills et L’Oblique. Fans de Satyricon, Bison B.C., Mastodon, Baroness, Isis et High on Fire, on se voit en avant, au bar et/ou au comptoir des souvenir. Un petit conseil : apportez des bouchons.

Le second risque d’apaiser nos tympans. (Chilly) Gonzales (rappeur, DJ, humoriste, pianiste entertainer anglo-franco) nous fera très bientôt son numéro de piano classique + pop ’80 ultra-rigolo intitulé ‘Piano Talk Show’. Ouais. Qu’il soit avec Le Together Ensemble ou en Solo, il est toujours incroyable ce Gonzo. Pour un petit vingt, vous achetez votre billet sur Admission. Yo. Rendez-vous ce vendredi le 17 septembre au Cabaret du Mile-End, en guise de pré-Pop Montréal.

7 commentaires
  • [...] This post was mentioned on Twitter by Orange Orange, BangBang. BangBang said: Y’a jamais trop d’shows : retours sur M pour MTL + Fear & Loathing in MTL + Pleine Lune sur Ontario (pt.2) + des s… http://bit.ly/bwo0Fy [...]

  • Mégane
    14 septembre 2010

    J’adoooooooore la critique hahahaha, j’ai teeeellement ris DÈS le départ à Tricot Machine..mon dieu…mon ami voulait pas m’laisser m’assoir plus loin..lui aimait ça…ark..dégueulasse…y sont trisomiques mon dieux..non même pas… ce serait insulter les trisomiques… Orange Orange.. quelle belle découverte ! Par contre, j’ai achetée leur album et je suis un peu déçue… sur 12 chansons, il y en a seulement 6 que j’aime…brefs, leurs meilleures sont celles qu’ils ont joué live ! (Love love love, Et je Pleure, Je danse dans ma Tête, Je suis le Héro, Sors-moi) Apres eux je suis restée au même stage…l’autre groupe ne m’impressionnais pas du tout…et je voulais absolument me garder une belle place en plein milieu en face du stage pour Elektrik Bones. Ils ne m’ont aucunement déçue, Pilou chante très bien live (quoi que le micro n’était pas assez fort…) et les autres ont fait une job écoeurante…No One Too See m’a vraiment frappé d’plein fouet ! Après je suis partie, mais j’crois que c’est une bonne chose vue le gars (ou la fille?) qui suivait apres…

  • Mégane
    14 septembre 2010

    et en passant, oui, il y avait vraiment un double arc-en-ciel haha. Je l’avais pas vue sur le coup moi non plus, mais en regardant mes photos après le show je la vois enfin…bon…elle est assez pale..MAIS elle est bien la !

  • Kristof G
    14 septembre 2010

    Coool! Merci pour tes commentaires et tes bons mots! On se voit au prochain show d’OO alors!

  • Dibo
    14 septembre 2010

    Je suis d’accord avec pas mal tout, quoique je comparerais plutôt Tricot Machine à Shilvie qu’à Passe-Partout! Et j’appuie Meg, les shows de Orange Orange et d’Elektrik Bones étaient vraiment bons! Je serais même prète à PAYER pour les voir! AHAHA!!!

  • Kristof G
    14 septembre 2010

    Tant mieux! Yeah!

  • bergZ
    3 octobre 2010

    tricot machine c’est de la marde.
    l’objectivité m’ennui.

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Kristof G

Exilé du Saguenay, Kristof G. est un reporter, mais surtout un spectateur, que ce soit de shows hauts en couleur (de musique qui rap’, qui frappe ou qui décape), d’expositions d’art fonceur et/ou racoleur et de films d’horreur comme d’auteur… bref, de tout ce fait vibrer cet authentique rêveur (et parfois ‘gameur’), qui critique et rime – en crime – sans reproche ni peur.

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