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LE BLOBPatrick Senécal, mon héros.Kristof G23 janvier 2010
Patrick Senécal, mon héros. Ses romans sont puissants, captivants. Ses sujets, sombres, fascinants. Ses personnages, déchirés, humains et/ou monstrueux, bourrés de démons (intérieurs ou non). Ses dénouements, toujours surprenants, provoquent réflexion. Ses univers, riches, crédibles, qu’ils soient ancrés dans une réalité parallèle à la nôtre, que dans le fantastique le plus sick donnant froid dans le dos. Comme ils disent dans l’ouest, ses bouquins sont des vrais page-turners: quand t’en a commencé un, impossible de t’arrêter, tu veux – comme TSPC – connaitre la suite. Cependant, on n’a pas encore réussi à rendre hommage sur grand écran aux complexes et troublants romans de celui qu’on a qualifié de Stephen King québécois. Éric Tessier a bien essayé. On se souvient encore de l’échec de Sur le Seuil, dans lequel on avait malencontreusement donné le rôle d’écrivain traumatisé à un Patrick Huard bleaché (et inhabité). Michel Côté avait beau se démener comme un damné pour faire marcher cette série B, au final, ça sentait le réchauffé, en quelque sorte le The Exorcist III des pauvres. Trop dommage. Surtout qu’on a présenté cette piteuse adaptation du fantastique roman de Senécal comme étant le ‘premier film de genre québécois’; ce fût également le film de clôture à Fantasia en 2003. Le même Tessier a récidivé avec plus de succès l’automne dernier, avec 5150, rue des Ormes, aidé de Senécal lui-même : l’auteur a coécrit l’adaptation pour l’écran de son premier roman (sorti en ’94). Grâce à une talentueuse brochette d’acteurs (Marc-André Grondin et Normand D’Amour en tête), le film fut pas mal plus réussi, tendu et inspiré par moments, quoique manquant globalement de rythme, de punch et d’une constante intensité (certains moments clés manquent d’aplomb ou sont carrément ratés). Meilleure chance la prochaine fois, qu’on s’est dit en sortant de la projection. Le résultat est correct, loin d’être mauvais mais pas encore très bon (trop de ruptures de ton).
9 jours avant le Talion Cette fois-ci, avec Les Sept Jours du Talion, on a confiance : avec un fortiche et original faiseur d’images comme Podz aux commandes (3 x rien, Les Bougon, C.A., Minuit le soir), on est vraisemblablement entre bonnes mains – et on n’en peut plus d’attendre. C’est que le film est en boite depuis plus près d’un an. On a repoussé la sortie, histoire de ne pas faire de compétition au film de Tessier. Ça a sûrement à voir avec son sujet plutôt violent : un type qui torture le meurtrier/violeur de son jeune enfant. Bref, le film vient d’être présenté à l’influent festival Sundance (hier), vient de décrocher un contrat de distribution avec IFC Films (titre anglo : 7 Days) aux USA (et aussi dans plusieurs autres pays comme la Russie, le Mexique et l’Indonésie) et sort enfin ici la semaine prochaine (oh oui!). Comment ne pas s’enthousiasmer, en lisant les premiers commentaires ultra-positifs (comme ceux de Cassivi dans La Presse de ce matin)? Surtout quand le all-star cast est composé de Claude Legault, Rémy Girard, Fanny Mallette et Martin Dubreuil (le Johnny Maldoror des Breatfeeders). Restez-branchés, car suivra ma critique après la première médiatique. Lire un livre? T’es pas un peu malade? En attendant, tapez vous dont le roman (sorti en 2002) ou n’importe quel autre livre de son auteur. L’essayer, c’est l’adopter. Si vous n’êtes pas un grand lecteur, le format de Le Passager (214 pages; 1995) ne vous fera sûrement pas peur (mais son histoire sûrement – pensez The Hitcher, mais en plus cérébral). Vous avez hâte à la sortie du plus récent Tim Burton? Parfait, alors Aliss (2000) est pour vous, avec sa relecture du classique de Lewis Caroll, en sauce trash épicée, planté dans un Hochelaga fabulé et de couleur sang. Si vous êtes plus du genre à haïr passionnément toutes les putains de téléréalités polluant votre écran plasma ou cathodique depuis trop longtemps, vous allez être servis par le colossal Le Vide (2007; près de 900 pages sur 2 tomes en format de poche). Si vous êtes plutôt friand des analogies religieuses sur fond de conspirations, tapez vous donc, coup sur coup, Sur Le Seuil (1998) et son plus récent Hell.com (2009; 557 pages). Ce dernier – qui traite de perversions S&M et de ‘snuff’ – surpasse haut la main le puissant roman Les Racines du Mal de Maurice G. Dantec et les deux films Hostel d’Eli Roth. Mais attention : les écrits de Senécal ne sont pas grand public. Pour lecteurs avertis seulement.
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