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LE BLOBLe Simetierre des CD – 3e épisode : Spécial Québec (+ Pop Montréal)Kristof G3 octobre 2009
Par ce petit samedi pluvieux qu’on vient de joyeusement encaféiner, chers blobbeurs, on vous offre une autre entrée de cette petite chronique de disque. Voici donc ce que Le Blob a pu écouter de bon parmi les sorties ‘made in Quebec’ qui on atterri sur son bureau de BangBangeur. J’en profite aussi pour inclure quelques critiques de spectacles vécu ces derniers jours, dont quelques uns durant ce touffu, schizo et débordant festival qu’on appelle Pop Montréal. ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Xavier Caféine – Bushido (Indica Records) Quelle bête de scène, ce Caféine! C’est ce que plusieurs se sont probablement dit lundi dernier au Cabaret, lors du 5 @ 7 lancement du 2e CD solo de notre kabuki québécois préféré. Flanqué de musiciens chevronnés (incluant son fidèle guitar hero Alex Crow et du trop sympathique et versatile bassiste/chanteur Vincent Peake), Caféine nous présenta près de la moitié des énergiques, accrocheuses et contagieuses pièces composant son petit dernier, sur lequel il joue de presque touts les instruments! D’ailleurs, en se tapant Bushido, on constate que c’est fait la suite parfaitement logique de son excellent Gisèle – paru en 2006 -, tant au niveau de l’esprit (très ouvert et critique, thématiques asiatiques…) que du son (toujours très actuel et moins salé qu’à ses débuts, bien qu’il garde un petit fond de punk fort bienvenu). Pour les fanas de bon vieux rock (à tendance pop) français – on pense notamment à son pote Plastic Bertrand et à Indochine. Écoutez-en un aperçu ici et voyez le en concert le 29 octobre à Montréal au Club Soda, tandis qu’il sera à Québec le 30 octobre au Théâtre Petit Champlain. ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Fred Fortin – Plastrer la Lune (C4)
Enfin! Le 4e (5e si l’on compte son projet grassement fuzzé Gros Mené) album solo de Fred Fortin est arrivé! 5 ans, c’est long, surtout quand les précédents sont si bons. Plastrer la Lune confirme que Fred est réellement le secret le mieux gardé du Québec. Ce ménestrel issu du fond des bois (St-Prime au Lac St-Jean – où l’on fait aussi du très bon fromage) est ni plus ni moins qu’un des plus grands auteur-compositeur-interprète que le Québec ait connu. Il est un peu comme notre Buck 65 ou notre Beck à nous. J’en entends déjà dire : ‘eille wo là, Kristof G. du Saguenay; ça doit être ton pote, t’sais le Lac c’pas trop loin de ton coin… fait que tu dois pas trop être objectif là, là, t’sais, franchement…’. En fait, on ne se connait pas vraiment, même si on a déjà une très cool jasette enfumée à l’automne ’98 au Coté Court à Jonquière, à l’entracte d’un concert dans le bureau du propriétaire. Bien qu’il n’avait alors sorti que son premier CD (Joseph Antoine Fréderic Fortin Perron), il avait joué trois heures durant, tout seul, en mode homme-orchestre (incroyable!). On avait eut droit à toute une prestation (incluant des versions préliminaires de plusieurs pièces qui se retrouvèrent sur ses subséquents albums), intense, énergique, marrante, fantastique, puissante, authentique. Bref, des moments dont on se souvient longtemps. Lors de son lancement mardi dernier au Diable Vert, on put goûter à quelques chansons de son délicieux Plastrer la Lune. À l’instar de Xavier, Fred aussi joue de presque tout; on retrouve également les suspects habituels, comme les Pierre Girard, Olivier Langevin, Jocelyn Tellier et Daniel Thouin. Après plusieurs écoutes, on réalise que l’album est en fait un peu comme une synthèse de tout ce que Fred est : ses côtés cowboy, rockeur, trippeux de prog’, bricoleur, mélodiste, raconteur, chansonnier, compositeur, barde, etc. Maudit qu’on a hâte à son show du 12 décembre. En attendant, ça vous prend le CD. ASAP. P.S. Les peintures incluses dans le livret sont magnifiques (gracieuseté de Martin Bureau, responsable attitré de toutes les pochettes de FF). ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Le Maï Taï Orchestra – I Found my Wahine (C4)
Z’avez les blues? Vous en avez déjà marre de l’automne, qui ne vient de commencer? Vous voulez vous ensoleiller la vie sans vous ruiner? Le CD du Maï Taï Orchestra est pour vous! Derrière l’emballage joliment kitch de l’exotique projet, on a le bonheur d’entendre jammer une belle brochette de musiciens locaux, remaniant intrumentalement des airs parfois connus (William, Presley, Crosby…), tendance country, lounge ou joyeusement quétaine, nous faisant instantanément sourire à chaque chansonnette. Sous la direction de Sir McLaren (le Papa Sucréa de Gatineau, qui joue ici la comédie – un peu comme Dan the Automator avec son projet Lovage), on retrouve au menu les polyvalents guitaristes Jocelyn Tellier, Carl Bastien, Rick Haworth et Sunny Duval, en plus de Mélanie Auclair, Jean-Phi Goncalves et d’une foule d’autres joyeux troubadours. Goûtez-y ici. Après vous être procuré le CD (la pochette est remplie d’amusantes photos prises au Coconut Motel de Trois-Rivières et de recettes de drinks hawaïens – ça sent presque le daiquiri!), il ne vous restera qu’à enfiler votre plus belle chemise à palmiers, vos bermudas les plus colorés, votre collier de fleur en plastique ou de coquillage le plus kitch, votre chapeau de paille ou d’aventurier et de réserver un WE d’amoureux au susmentionné motel (leur tiki Bar vaut vraiment le détour!). Aloha! ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Nutsak – Failed Musician (Signed by Force)
Comment décrire Nutsak? Mmmmm. Du rock fait par des types maîtrisant leurs instruments comme des jazzmen mais qui adore péter les plombs. Ouain, on pourrait dire ça comme ça. Du feedback, ben de la disto, du grattage hyperactif de guitare, une section rythmique qui traumatiserait les badauds au FIJM… des trucs de même. Ce n’est pas seulement pour leur nom qu’on les a choisi pour ouvrir pour les Butthole Surfers à l’Olympia vendredi (au fait, je peux enfin rayer les Butthole de ma liste de groupe légendaires à voir en concert; ils n’ont pas déçu : les géantes projections de trucs louches et de séries B bien gluantes allaient parfaitement avec leur punk de mongol bruyant et délinquant à souhait). Comme si Frank Zappa rencontrait Nick Cave et Frank Black pour un trip, une dérape. C’est gros, ça bouge, ça rock et ça frappe. Dans ta face. Et dans ton Nutsak. Check ça là. Prochain show : le 17 octobre à la Casa del Popolo. P.S. Avec l’éxpérimenteur de la 6-cordes Sam Shalabi et 2 membres d’American Devices. ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: The Slew – 100% (Puget Sound Recordings)
Tout le monde aime Eric San. Ça vous ne dit rien? Si on dit Kid Koala, son nom de DJ, alors? Bon. De Mike Patton à Mario Caldato Jr (collabo des Beastie Boys), on s’arrache ce tout petit disc-jockey extraordinaire. Son nouveau projet l’est tout autant : en compagnie de son pote DJ de NYC, Dynomite D (AKA Dylan J. Frombach), KK rocke comme s’il n’y avait pas de lendemain, autant sur l’album qu’en concert (hier à la Tulipe – désolé, fallait être là), en compagnie de l’ex-section rythmique du groupe de rétro rock australien Wolfmother, soit le bassiste/claviériste Chris Ross et le batteur Myles Heskett. Les 2 platinistes échantillonnent habilement des lignes de voix, des riffs et des solos de guitare qu’ils superposent aux grooves balèzes joués live par ceux qui dans leur patrie côtoient des vrais koalas (hahaha). Autant pour le fan de l’ACME de Jon Spencer que des morceaux les plus funkys de ceux qui ont commis le classique Paul’s Boutique. Le gentil Kid Koala nous donne son remuant album – mixé par Caldato - gratuitement sur son blogue. ::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::: Voïvod – Infini (Sonic Unyon)
Concocté à partir des derniers riffs, tous aussi solides qu’incisifs, enregistrés par l’influent et respecté guitariste Denis ‘Piggy’ D’Amour (1959-2005), Infini ne déçoit pas. Après Voïvod (2003) et Katorz (2006), on a droit a une bonne dose du rock métallique aussi lourd que spatial qui caractérise l’alignement actuel du quatuor à géométrie variable; sur album, en plus de Piggy, on retrouve Michel ‘Away’ Langevin, Denis ‘Snake’ Belanger et Jason ‘Jasonic’ Newsted, alors qu’en concert, Dan Mongrain de Martyr tient brillamment la guitare et Jean-Yves ‘Blacky’ Thériault, le premier bassiste du groupe, reprend du service. Piggy approuverait, c’est certain. Métalleux et hard-rockeurs, procurez vous sans tarder cette 15e parution du plus grand groupe métal québécois. Pour des extraits, visitez leur page Myspace. :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Note Pop : Dommage qu’il n’y ait pas eu plus de monde hier au Lambi pour la performance de An Albatross (au Pop Montréal de l’an dernier, ils faisaient salle complet), qui fut aussi débauchée, étrange, éparpillée et remuante que la fois où je les ai découvert (en avril 2007), alors qu’ils ouvraient pour Blue Cheer et Mongrels. Du hardcore psychédélique, psychotronique, patraque et rigolo (voir photo) pour le fanas de Mr. Bungle. Yeah! Par ailleurs, j’ai croisé hier en sortant du concert Amy Torok, vocaliste de Mongrels, qui me confirma que son groupe s’était malheureusement dissolu (dommage). Cependant elle avoua concocter un autre projet – tentativement appelé Sunmoon – toujours avec Andrew Dickson (Tricky Woo, Soft Canyon); le son serait un peu moins lourd, toujours aussi ’freaky’ et plus 60’s (dixit Amy T.). On a hâte d’entendre ça.
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